• Riza <3
    En fait il aurait suffit que je mette cette image sans aucune légende tellement je suis fan de Riza mais j'ai décidé d'écrire un article donc tant pis...

    Bonjour à tous !

    Aujourd'hui, j'ai décidé de forcer avec une de mes licences préférées : Fullmetal Alchemist ! Pour ceux qui ne connaissent pas, il s'agit à la base d'un manga en 27 tomes d'Hiromu Arakawa, qui a connu deux adaptations en anime : Fullmetal Alchemist (2003) et Fullmetal Alchemist Brotherhood (2009). Dans tous les cas, il s'agit d'une série de type shonen qui raconte l'histoire de deux jeunes garçons - Edward et Alphonse Elric qui vivent avec leur mère. Ils passent principalement leurs journées à jouer avec leur amie Winry Rockbell ou à s'entrainer à l'art de l'alchimie, que connaissait aussi leur père, parti quand ils étaient petits. Malheureusement, un beau jour, leur mère, Trisha Elric, tombe malade et décède des suites de sa maladie. Après être restés un moment chez les Rockbell, les frères Elric affinent leur connaissance de l'alchimie chez Izumi Curtis, qui leur sert de mentor. Une fois rentré dans son village avec son frère, le jeune Edward a alors une idée de génie : pourquoi ne simplement pas utiliser l'alchimie afin de ressusciter leur mère ? Les deux frères travaillent alors dur pour acquérir les connaissances nécessaires à l'opération, qui est, accessoirement, un des plus gros tabous de l'alchimie. Finalement, ils essaient et... ça tourne mal. Edward perd une jambe, et Alphonse se voit privé de l'intégralité de son corps. Edward parvient alors à effectuer une autre transmutation humaine afin de fixer l'âme de son frère une armure présente dans la maison, au prix de son bras. Il décide alors d'avoir recours à des automail (des prothèses mécaniques) afin de pouvoir retrouver un usage relatif des deux membres qui lui manquent, puis d'aller avec son frère à la capitale pour pouvoir passer l'examen d'alchimiste d'état, afin de pouvoir partir en quête de la pierre philosophale qui pourra peut-être leur permettre de retrouver leurs corps respectifs. (oui c'est publié dans un magazine pour jeunes garçons)

    Ceci est bien entendu un résumé sommaire - juste histoire de vous encourager à aller regarder les cinquante épisodes de Fullmetal Alchemist Brotherhood qui sont sur Netflix (enfin ils y étaient au moment de la rédaction de cet article, maintenant il n'y sont plus.......). Je peux maintenant passer à ce qui m'intéresse - attention, spoilers. J'ai choisi juste de donner quelques raisons de mon amour pour cette série plutôt que de faire une critique complète car déjà j'ai la flemme (il faut être honnête) et ce n'est pas du tout ce que j'ai envie de faire ici (je laisse ça aux gens plus qualifiés).

    (EDIT : je m'aperçois en écrivant cet article qu'il est devenu beaucoup plus ambitieux que ce que je voulais faire à la base (j'ai peur)... J'ai essayé de faire au mieux mais si jamais quelque -chose qui vous semble faux s'est glissé dans l'article, n'hésitez pas à me le signaler gentiment en commentaire !! Je serais plus que ravie que de rectifier le tir. Aussi il s'agit d'avis et d'interprétations personnelles, donc si la votre diffère, n'hésitez pas à m'en faire part car c'est toujours super intéressant !)

    aver-tea-ssementDans cet article, je parlerai principalement de Fullmetal Alchemist (le manga) et de Brotherhood, que j'abrégerai au besoin fma ou fmab (ou 2003, si j'ai besoin d'en parler). 

    C'est un manga plein de meufs badass
    Pourquoi j'aime Fullmetal Alchemist

    C'est une des choses que j'aime le plus dans Fullmetal Alchemist. Il y a un certain nombre de débats dans le fandom pour savoir si fma est oui ou non une série féministe - mais honnêtement, je ne suis pas sûre que ce soit cela qui importe. Car, malgré certains reproches qui peuvent être faits quant à la place des femmes dans le scénario - leur ligne servant souvent celle de personnages masculins, mais cela se justifie par rapport à leurs objectifs individuels. Il s'agit de femmes fortes, indépendantes, qui agissent selon leur volonté et sont très bien construites. Elles sont ainsi des êtres humains complexes, nuancés, qui ne sont pas là uniquement pour satisfaire le spectateur masculin en mal de petites culottes - d'ailleurs, il n'y a quasiment aucun fan service dans l'anime ou le manga ou l'anime. Que ce soit Riza Hawkeye, Olivier Mira Amstrong, Winry Rockbell, Izumi Curtis... Toutes, à leur manière, ont réussi à s'imposer dans des milieux traditionnellement plus difficiles lorsque l'on est une femme - l'armée, la mécanique. Certes, pour Izumi, on ne sait pas trop ce qu'il en est du milieu de l'alchimie - mais elle a quand même réussi à survivre un bout de temps dans les montagnes de Briggs en hiver, seule, et même à s'infiltrer dans une des bases militaires pour arriver à récupérer ce qui lui manquait, alors on ne va pas chipoter. Pourquoi s'imposer dans un corps de métier quand on peut s'imposer face à la nature elle-même ?
    Malgré tout, ce n'est pas pour autant qu'elles renoncent à leur féminité : Riza a malgré tout un côté protecteur et maternel (surtout avec les frères Elric), tout comme Izumi dont la grande tragédie est d'avoir perdu l'enfant qu'elle voulait tant avoir. Au final, cela montre que ces femmes n'ont pas besoin d'être des garçons manqués pour s'imposer face à leurs homologues masculins, car ce côté de leur personnalité n'a rien de dégradant. J'ai lu sur le réseau Tumblr un article qui disait que dans le cas de Fullmetal Alchemist : Brotherhood, il était possible de parler de Sisterhood (jeu de mot sur le terme fraternité/sororité) et je trouve cela plutôt vrai. Il n'y a pas ici de sorte de rivalité malsaine entre les personnages féminins ou de triangle amoureux cliché : dans la mesure du possible, les femmes s'entraident et apprennent les unes des autres. C'est parce qu'elle a renconté Winry que Riza se laisse pousser les cheveux, et c'est parce qu'elle a rencontré Riza que Winry a ses fameux piercings aux oreilles. C'est quelque-chose de très agréable à voir à l'écran et de particulièrement reposant, surtout dans une série aussi intense.

     Le traitement des personnages
    Pourquoi j'aime Fullmetal Alchemist

    Une des leçons que l'on peut tirer de fma, est, je pense, qu'il n y a pas que les monstres qui font des mauvaises choses. Certes, les méchants de la série sont plus ou moins monstreux : mais ils ont aussi quelque-chose de profondément humain. Pas uniquement parce qu'ils représentent les sept péchés capitaux de l'homme - la paresse, la gourmandise, la colère, la luxure, l'avarice, la fièreté et l'envie - ils sont aussi capable de ressentir des émotions, voire d'évoluer ou de se rebeller contre leur créateur, à la manière de Greed (avarice). Le "grand méchant" lui-même (father) est aussi plus humain que sa véritable nature ne pourrait le laisser penser. Ainsi, il veut surpasser son créateur pour devenir un dieu - dans ses derniers instants, il est une créature pitoyable face à son échec et au châtiment qui l'attend, montre aussi que tout être possède ses faiblesses, ses peurs.  

    La série montre aussi que même ceux qui font le mal sont humains (la plupart du temps). Qu'il s'agisse des membres de l'équipe de Mustang, ou de personnages répugnants comme le scientifique que l'on voit à la fin ou Tucker (le passage avec la chimère de Nina et du chien a traumatisé une génération de personnes aimant les shonen je pense), leur humanité n'est jamais niée. C'est même cela qui est effrayant dans l'histoire : comment un père peut il infliger cela en toute connaissance de cause à sa femme, puis à sa fille ? 

    Même les personnages que l'on suit ne sont pas parfaits. Qu'il s'agisse de Roy Mustang, de Riza Hawkeye ou de Maes Hughes, tous ont participé au massacre du peuple d'Ishval organisé par le gouvernement militaire du pays. Le spectateur de l'anime n'ayant pas lu le manga sera d'ailleurs surpris de découvrir la face "sombre" de Hughes dans l'oav Yet another's man battlefield. Ainsi, celui qui est présenté tout le long de la série comme un papa poule adorant ses enfants, sa femme et étant incroyablement doux a lui aussi du sang sur les mains. Est-ce que cela veut dire que nous devons rejeter ces personnages, ou leur interdire le droit au bonheur ? Non - car la série montre que ce qui importe, c'est que cela ne sert à rien de se morfondre ou d'essayer de faire revenir ce qui n'est plus. Ce qui importe est d'aller de l'avant, et de trouver une voie qui permettra non pas d'annuler les mauvaises actions passées, mais d'aller de l'avant et de porter ses responsabilités. Ainsi, Roy et Riza veulent créer un monde dans lequel ils pourront être jugés pour leurs crimes passés et faire en sorte que cela n'arrive plus. Même Scar a droit au pardon : après avoir passé une partie de sa vie à se venger en cherchant à tuer tous les alchimistes d'état, il choisi après le jour promis la voie de la rédemption en partant aider la reconstruction du pays. L'énergie ne doit pas être investie dans la destruction, mais dans l'optimisation de leurs capacités pour aller vers un monde meilleur.

    Il n'y a donc pas besoin d'être une personne profondément mauvaise pour faire le mal, selon Fullmetal Alchemist. La passivité ou l'absence de résistance sont montrées du doigt comme étant ce qui permet aux horreurs d'arriver - après tout, si le mal ne se faisait qu'à cause de personnes profondément partisanes, ça se saurait. C'est pourquoi ces personnes doivent aussi pouvoir être jugées pour leurs actions, nous disent les personnages principaux.. On comprend alors pourquoi le film qui fini l'anime de 2003, La Conquête de Shamballa, a décidé de représenter Hughes Maes comme un collaborateur Nazi - il dit après tout dans un oav de fmab  qu'il fait la guerre non pas en pensant aux personnes qu'il tue, mais à sa famille qu'il veut retrouver rapidement pour retourner à sa vie normale. Si ce choix avait choqué (et choque toujours) certains fans, il est possible de le comprendre tant la juxtaposition entre le contexte fictif et le contexte tiré de l'Histoire semblent comparables.

    Alphonse elric being cute

    Les frères Elric
    Pourquoi j'aime Fullmetal Alchemist  

    J'ai failli oublier de parler des frères Elric - no joke (c'est pas que j'y pense pas, c'est justement parce que c'est important que j'ai oublié, je ne sais pas si je fais sens). Le manga nous offre la possibilité de les suivre depuis leur enfance, jusqu'au moment où ils sont plus âgés : cela permet de voir comment leurs aventures vont les faire grandir. Très jeunes, ils sont absolument fascinés par l'alchimie que pratiquait leur père : même après son départ, ils continueront de s'y essayer, de manière brillante. Lorsque leur mère meurt, les deux enfants se retrouvent donc avec un grand talent et une très grande solitude : ce n'est au final pas si absurde que ça qu'ils cherchent à perfectionner leur talent auprès d'un maître pour pouvoir finalement commettre l'un des plus grands tabous de l'alchimie. Ce que j'aime, c'est la différence entre les deux frères : l'un est petit, énervé et ultra déterminé, l'autre est moins petit (en même temps, c'est une armure), mais est incroyablement doux malgré une détermination certaine. Leur condition à tous les deux est très dure, mais ils ne renoncent pas (comme tout bon shonen boy) à atteindre leur objectif. Cela va leur apprendre de nombreuses leçons, et surtout l'humilité. En soit, rater une transmutation humaine à leur âge est déjà un exploit, mais parfois, réaliser quelque-chose de techniquement difficile ne montre pas notre qualité en tant qu'être humain. Ainsi, s'il sourit jusqu'aux oreilles au moment de transmuter Trisha, Edward sourit de même au moment de sacrifier son alchimie pour récupérer son frère.

    La vérité, rien que la vérité 
    Pourquoi j'aime Fullmetal Alchemist

    La vérité est un personnage que je trouve très intéressant dans l'univers de Fullmetal Alchemist. Elle peut être considérée comme une divinité : c'est elle qui fixe les règles, et surtout les châtiments pour ceux qui les transgressent. Elle est le monde, l'univers, le tout (ce qui est assez bien transmis par le mot japonais, dont les différentes significations du kanji couvrent les différents sens), mais est aussi présente en chacun de nous, ce qui explique son omniprésence dans la série (bien que discrète). Je parlais tout à l'heure des kanji : le mot japonais (shinri) se compose de deux kanjis (caractères chinois) : 真理. Le premier désigne ce qui est vrai, réel - le second la logique, la raison, la vérité, la justice, mais aussi les principes généraux qui régissent notre univers. La vérité dit elle-même qu'elle est présente en chaque chose et qu'elle cherche à punir l'excès de confiance des hommes : cette précision est sans doute faite car l'homme est un animal raisonnable. Par l'alchimie, il est doté du pouvoir de transgresser les règles de l'univers, c'est pourquoi il doit avoir l'humilité de s'y cantonner. Nous sommes tous capables de raison, de logique, et d'être justes si nous nous en donnant les moyens : cela est difficile, mais pas impossible. La vérité a beau être exigeante, il est possible pour de simples humains d'arriver à la vaincre. Ainsi, Edward Elric peut atteindre son but et la défaire en payant un prix, certes lourd, mais juste comparé à sa requête. Le final nous montre bien qu'elle aime être battue selon les règles par les hommes - juste que cela demande une très grande rigueur et beaucoup de travail sur soi-même, ce qui explique que cela n'arrive pas souvent.
    D'ailleurs, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais la toute première rencontre d'Edward avec la vérité annonce celle qui sera sa dernière : après avoir vu se qui se trouve derrière sa porte, il s'exclame que la vérité sur la transmutation humaine se trouve juste là, et qu'il manque juste un petit quelque-chose. C'est lors de sa dernière transmutation qu'il énoncera la "bonne réponse" : il n'a toujours été qu'un simple et arrogant humain qui pensait pouvoir résoudre tous ses problèmes avec l'alchimie, alors que ce n'est pas cela qui compte le plus.

    truth Pourquoi j'aime Fullmetal Alchemist
    Same energy

    Quant à son châtiment, il se veut juste et impartial : qui est puni le sera par là où il a fauté. Izumi, qui voulait revoir son fils, s'est vu ôter toute chance d'en avoir un à nouveau, celui qui avait une voyait un avenir pour son pays a perdu la vue, celui qui voulait sentir la chaleur de sa mère s'est vu ôter son corps. Quand à Edward, je soupçonne qu'il a subit moins de dégâts physiques que son frère (bien qu'ils soient quand même très lourds) car il avait déjà perdu celui-ci à cause de son idée et de son arrogance. Cependant, tous les personnages ayant vu la porte suite à une transmutation humaine ont survécu : le jugement se veut une simple punition, laissant à celui qui le subit une occasion de méditer sa faute, et peut-être, de comprendre comment il convient de vivre. Selon ses mots : "La Vérité donne un désespoir approprié pour punir l'arrogance [des hommes]".
    Ceci dit, sa dureté peut choquer : ce dernier semble parfois aveugle. Notamment dans le cas de Roy Mustang, forcé de payer un lourd tribut (sa vue) alors qu'il n'a pas choisi d'ouvrir la porte. Mais pour qui pense comme la vérité (et non comme Edward), ce prix semble juste : bien qu'il n'ait pas le choix, Roy peut malgré tout ouvrir la porte et accéder à ce qu'il y a derrière.C'est pourquoi contrairement à quand c'est Edward qui le fait, la vérité ne dit rien, et tout se passe très rapidement. Elle n'a pas d'autre choix que de laisser ce qui se passe arriver : ainsi elle ne prend pas quelque-chose de trop gênant (imaginez perdre une jambe au milieu du jour promis...) et qui peut plus facilement être récupéré plus tard (car les humains ont déjà accès à la pierre philosophale).  En plus, avant de pouvoir la récupérer, ce défaut est plus ou moins compensé grâce au soutient de Riza.

    Dans le cas de Father, qui voit la vérité au moment de retourner au néant, ce dernier dit qu'il voulait "tout savoir, vivre sans entraves", ce à quoi la vérité lui répond qu'il n'a pas grandi et qu'il n'a pas eu confiance en lui même : en effet, depuis le premier jour, Father n'a pas évolué. En tentant de se détacher des péchés capitaux des humains, il n'a pas cherché à vivre avec - en voulant surpasser dieu, il a cherché à devenir quelqu'un d'autre plutôt que de voir comment il pouvait apprendre par lui même. D'ailleurs, après des siècles d'existence, il est choquant de voir à quel point l'être dans la flasque n'a rien appris  : sa porte de la vérité (contenant, il semblerait, tout le savoir en alchimie des alchimistes) est restée vide ! C'est sans doute pourquoi il n'a pas le droit à une seconde chance : il avait tout devant lui pour comprendre, mais il a préféré la facilité intellectuelle (Gourmandise n'est qu'une tentative ratée d'imiter la porte de la vérité) l'arrogance (il a voulu devenir le dieu qu'il ne sera jamais), l'injustice, la déraison. Father est né d'une expérimentation humaine, c'est à dire qu'il a eu une chance de voir et d'évoluer dans un monde auquel il n'aurait même jamais du accéder au départ, et il n'a pas su saisir ce qui lui était présenté. Pire, il a même tenté de le détruire, quitte à régner sur des cendres.

    Des questions toujours d'actualité
    Pourquoi j'aime Fullmetal Alchemist

    Je dirais pour en finir avec cet article que pour moi, fma est un anime de la (re)construction : cette question à mon sens celle qui est déterminante dans l'anime. Comment se construire en tant qu'être humain ? Comment se reconstruire après la mort d'un proche ou un événement difficile ? Comment reconstruire un pays afin de le rendre meilleur ?  Qu'est-ce qui construit notre valeur en tant qu'être humain ? Comment un peuple peut se reconstruire après des années de persécution et de génocide ? Outre des principes généraux, abordés au travers de la relation entre Edward Elric et la vérité, l'anime ne semble pas proposer de réponse qui soit universelle : chacun doit trouver sa voie, et se construire en fonction de ses moyens et ses désirs. Concernant les questions de la corruption militaire et des crimes de guerre (incarnés par l'armée d'Amestris) et de la colère des peuples victimes de racisme (incarnée par Scar), il n'y a pas non plus de réponse facile.

    Commençons par le thème du racisme : il est intéressant de voir comment il est traité du point de vue de plusieurs types de personnages : Scar, un survivant du massacre de son peuple, un métis qui travaille au sein de l'armée, et enfin, les blancs qui ont commis le massacre. Scar incarne la colère de son peuple : cette dernière est légitime. Au moment de la série, les Ishvaliens sont toujours discriminés en raison de leur apparence physique et doivent vivre dans la clandestinité - lui même a perdu sa famille et bien plus pendant les atrocités. Scar utilise d'abord sa colère pour tuer les alchimistes d'état, qui ont tué son peuple sos ordre de leurs supérieurs - ensuite, il s'alliera aux personnages principaux pour défaire le pays de la corruption. Enfin, il rejoindra Miles et scar and milesMustang dans leur tentative de renouer les liens entre les deux peuples afin que ces derniers puissent vivre ensemble. Si Miles est moins présent dans le manga, sa position est nettement différente de celle de Scar : il tente de s'intégrer dans la société de ses oppresseurs et veut se faire reconnaître comme un égal. Il est très fier de son peuple, et un sens de fraternité envers ses autres membres, ainsi qu'un sens très aigu de la justice. S'intégrer ne veut donc pas dire masquer sa différence : il ne veut pas que sa culture et sa langue disparaissent, c'est pourquoi il sollicite l'aide de Scar, un autre Ishvalien, afin d'aider la reconstruction. Mustang désire aussi la justice pour le peuple d'Ishval : il fait partie des personnes qui ont participé à leur massacre et veut donc que justice soit faite. Mais pour ce faire, il ne suffit pas de le vouloir ou de demander pardon : il doit ainsi s'entourer des personnes qui ont vécu l'événement de l'autre côté, et se renseigner sur leur culture afin de gagner la confiance des autres survivants. L'anime ne donne pas de réponse définitive (si un anime pouvait régler le problème du racisme, on serait bien avancés), mais des pistes - peut-être faudrait-il considérer nos voisins comme des égaux, et connaître leur culture afin de pouvoir s'accepter mutuellement dans notre différence.
    Ce traitement a déjà été critique car il a ses défauts et peut paraître un peu manichéen. Cependant, il faut comprendre que les discours sur le racisme dans Fullmetal Alchemist ne sont pas plaqués artificiellement sur l’œuvre, mais viennent de l'histoire même de la famille de l'autrice. Originaire de l'île japonaise d'Hokkaido, elle sait qu'elle a été le théâtre de l’oppression du peuple aborigène Ainu, déplacé par les japonais qui ont ensuite pris leurs terres. Ce peuple n'a d'ailleurs été reconnu officiellement qu'en 2019, alors que l'histoire de ces violences remonte à bien plus loin dans l'histoire japonaise. Hiromu Arakawa indique que sa famille fait partie des fermiers qui ont volé les terres des Ainu - mais il y a aussi du sang Ainu dans sa famille. De cette double appartenance vient sans doute sa sensibilité à ces questions qui demeurent centrales pour comprendre l'histoire de nos sociétés et les tensions qui les traversent encore aujourd'hui.

    Un autre thème qui est traité est celui de la corruption militaire - les hauts placés dans l'anime sont quasiment tous pourris, c'est pourquoi leur ordre doit être renversé afin de pouvoir faire bouger les choses. Cela ne veut cependant pas dire que les membres des échelons inférieurs, qui ont aidé la chose à arriver, ne doivent pas payer pour leurs actes. Ces soldats des échelons inférieurs sont représentés avec leur humanité : leurs doutes, leur tristesse, leurs regrets, leurs ambitions... Si leur responsabilité personnelle dans les atrocités qu'ils ont commise n'est jamais niée - l'enrôlement dans l'armée pour les alchimistes est tout à fait facultatif - la responsabilité de l'institution étatique est tout autant mise en avant.

    *

    Ainsi se termine (un peu en queue de poisson, j'en ai peur) cet article qui devait initialement être publié en mars 2019 et qui n'a jamais vu le jour car j'ai totalement été dépassée par l'ampleur des enjeux que je devais y traiter. La peur de déformer ou de mal expliquer mon œuvre préférées ont aussi été des facteurs déterminants dans cette procrastination, bien plus que la longueur du travail achevé. Il devait comporter énormément d'autres choses, mais je pense qu'il est plus raisonnable d'en rester là si je veux qu'il voie le jour un jour ! Je vous remercie de votre lecture et vous souhaite une très bonne journée.

    À bientôt j'espère !

    Mrs Swadloon

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  • Kase-san et les belles de jour

    Bonjour à tous !

    Aujourd'hui, je voudrais vous parler d'une perle éditée dans la collection Yuri de Taifu comics : Kase-san et les belles de jour ! C'est un de mes mangas préférés du moment, et je pense qu'il s'agit d'une lecture idéale pour apaiser les cœurs meurtris en cette période troublée.

    Kase-san et... (l'objet change pour chaque tome, c'est pourquoi il y a marqué Kase-san et le tablier sur l'image) est un manga qui raconte l'histoire d'amour entre deux jeunes filles qui vivent leur dernière année au lycée, ce qui explique sa classification en tant que yuri (genre de manga dédiés aux histoires d'amour entre femmes). En effet, on y suit Yui Yamada, une jeune fille d'un naturel timide et maladroit, qui fait partie du club de jardinage de son lycée. Elle aime passer du temps à désherber et arroser seule les plantes dont elle prend soin. Un jour, elle remarque Tomoka Kase, une autre jeune fille assez énergique, garçon manqué et extravertie. Tout semble l'opposer à Yui, puisque la fameuse Kase-san fait partie du club d'athlétisme dont elle est une figure remarquable, autant par sa joie de vivre que part ses performances brillantes. Mais, contre toute attente, Tomoka est elle aussi attirée par Yui, qu'elle admire depuis la piste d'athlétisme... S'en suit une histoire d'amour rafraichissante, qui explore les premiers sentiments de lesbiennes qui se découvrent. Même les conflits et les embarras qui peuvent survenir au sein d'un couple y sont traités de manière particulièrement douce, ce qui vient rappeler un aspect trop oublié dans les histoires d'amour : il n'y a pas besoin de se faire du mal pour se montrer que l'on s'aime, et des discussions entre deux partenaires ouverts et aimants - suivies d'actes - sont des démonstrations d'amour bien plus belles que de longues disputes et de longs baisers langoureux.

    La douceur de ce titre se retrouve jusque dans le style de dessin de l'autrice, Hiromi Takashima. Car oui, ce titre est dessiné par une femme : ici donc, pas de représentation inutilement érotisée ni de fétichisation à outrance des femmes lesbiennes ! Il s'agit d'une histoire d'amour dessinée par une femme et publiée par la maison d'édition japonaise Shinsokan, spécialisée dans le manga pour filles de 2010 à 2017. Néanmoins, il s'agit d'un titre à mettre entre toutes les mains ! Facile à lire, très bien dessiné (oui, je l'ai déjà dit...), et feel-good (ou réconfortant), vous avez de quoi passer de très bon moments. La série vient de finir de paraître chez nous en volumes reliés, et ne comporte que cinq volumes. Une suite qui reprend les aventures des protagonistes à l'université, intitulée Kase-san to Yamada (Kase-san et Yamada) et cela dit en prépublication au Japon depuis 2017, est arrivée en France en septembre chez Taifu, ce qui nous garanti encore de nombreux bons moments de lecture ! Pour ceux qui n'aimeraient pas trop le format papier, il existe aussi un OAV sorti en 2018 dans les salles obscures japonaises.

    Bref, je pense ne pas avoir besoin de vous préciser que j'ai adoré la série, et que je vous la recommande vivement. N'hésitez pas à la recommander à tous les amateurs de shojo, d'histoires d'amour et de choses douces.

    Kase-san (la série)
    Autrice : Hiromi Takashima
    Genres : shojo, yuri, romance, scolaire
    Éditeur : Taifu Comics
    Collection : Taifu Yuri
    Date de parution française : 23/05/2019 (premier tome)
    Prix neuf : 7,99€ (le volume)

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  • cat love meme Bonjour à tous !

    Aujourd'hui, je voulais faire un article un petit peu plus personnel, parce que je remarque que les jeunes sont de plus en plus sensibilisés à l'éthique derrière les vêtements et cosmétiques qu'ils achètent. Acheter d'occasion - via des plateformes comme Vinted -, acheter plus proches, acheter plus près.... Ce qui m'a fait prendre conscience d'une chose : mes pratiques d'achat vestimentaires sont terribles pour l'environnement. Adepte du fast fashion, j'achète dans des magasins employant des personnes sous-payées dans des entreprises pas au normes, quand il ne s'agit pas purement et simplement de Ouïghours dans des camps. Niveau cosmétiques, je rafolle des cosmétiques coréens.... Qui sont donc à importer directement depuis pays du matin calme, de l'autre côté du globle. Autant certaines de mes amies ont réussi  drastiquement réduire leur consommation vestimentaire, autant, de mon côté, j'ai énormément de mal à me prendre par la main. Du coup, j'ai décidé de réfléchir à pourquoi, et pourquoi pas, d'offrir aux internautes un bout de ma vie privée que Google n'avait peut-être pas (encore) réussi à voler.

    Les études1 concernant la mode et les comportements vestimentaires le montrent : habiller son corps, c'est aussi choisir ce que l'on veut dire de soi-même et de la société dans laquelle on vit2. Personnellement, je ne suis pas trop sûre de ce que je veux dire de moi-même : j'ai un style très changeant, et généralement, je n'arrive pas à porter les mêmes vêtements d'une année sur l'autre. Comme si, au final, ma garde-robe devenait le témoin des changements vécus dans ma vie. Cela va d'ailleurs avec un changement perpetuel de la façon dont je m'affiche sur les réseaux, qui n'est pas figée, bien que j'ai maintenant 22 ans et que la plupart des gens que je connais soient passés au delà de cette phase vestimentaire et virtuelle en sortant du lycée. C'est comme si, en cherchant perpetuellement de nouveaux vêtements et palettes de maquillages, je cherchais à me trouver : ce qui est nécessairement vain.  Le pire dans tout ça, c'est que je ne suis même pas spécialement à la mode ou bien maquillée...

    Finalement, je me dis qu'avant d'essayer de trouver une solution à mes mauvaises habitudes (qui reprennent toujours le pas), je me demande s'il ne vaudrait pas mieux que j'essaie d'abord de prendre soin de ma santé mentale, et y aller petit à petit, plutôt que de me culpabiliser sans cesse. Car je ne peux pas m'empêcher de culpabiliser - bien que l'industrie soit ce qu'elle est, je me dis qu'elle répond à une demande, et qu'avec mon petit 34, je pourrais facilement trouver à m'habiller ailleurs. Tout ça pour dire que, de temps en temps, ça fait du bien de se demander pourquoi on fait ce que l'on fait, bien que cela n'excuse pas tout.

    Et vous, lecteurs, quelles sont vos habitudes ?

    _________________________________

    1: j'ai fait un dossier de fin de semestre à ce propos, n'hésitez pas à me demander les références en mp ou en commentaire, je vous enverrais des titres ou des documents pdf ! Si la question vous intéresse, vous pouvez vous pencher du côté de Froideveau-Metterie ("La beauté féminine, un projet de coincidence à soi" ou des travaux de Marion Braizaz.

    2 : Dick Hebdige, Sous cultures : le sens du style.

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  • pokémon floravol

    Bonjour à tous !

    Juste un petit billet pour vous avertir que le blog est désormais doté d'un espace galerie, que je mettrai régulièrement à jour. Je publierai sûrement un article lorsque ça sera le cas, puisqu'il ne me semble pas qu'Eklablog notifie les abonnés lorsque l'on y ajoute quelque-chose (:<)

    Pour le moment, vous pourrez en trouver dédiées aux memes, à Hotel del luna (les screenshots sont de moi, servez-vous !) et à Magical Doremi. D'autres catégories verront sûrement le jour bientôt !

    Des bisous,

    Mrs swadloon

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  • Tokyo mes


    Bonjour à tous !

    Je ne suis pas trop inspirée, mais ces derniers mois ont au moins eu l’avantage de nous offrir de nouveaux chapitres de Tokyo Mew Mew (Mew Mew Power) dans le magazine de prepublication japonais Nakayoshi. Mia ikumi a énormément évolué en termes de dessin, et je voulais partager ces nouveaux visuels avec vous. D’ailleurs, des rumeurs parlent d’une nouvelles adaptation en anime, mais rien n’est confirmé pour le moment, le coronavirus ayant aussi bouleversé le domaine de l’animation japonaise.

    ichigo momomiya

    mew Ichigo

     

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  • Bonjour à tous !

    En ces temps perturbés, j'avoue ne pas me livrer à beaucoup d'autres activités qu'Animal Crossing (ma scolarité me déteste). Je poste mon avancée de manière sporadique sur les réseaux sociaux, mais je me suis dit que ça pouvait être sympa pour moi de revoir les screenshots de mes débuts quand j'aurais plus avancé sur le jeu... En tant que joueuse, j'aime aussi beaucoup voir ce que font les gens sur leur île, alors si une personne qui joue passe par là, ce serait un plaisir de discuter ! À titre d'informations, je tiens à préciser que c'est mon tout premier jeu Animal Crossing, et que je ne connaissais donc pas les mécaniques du jeu. Ma progression est donc sans doute plus lente et beaucoup moins marquée que celle d'une personne y ayant déjà joué, mais je m'amuse bien, et c'est le plus important n'est-ce pas ?!

    Mrs Swadloon joue à Animal Crossing : épisode 1

    A deux jours de jeu, j'avais réussi à faire mon premier champ de tulipes ! Il s'est depuis beaucoup agrandi...

    J'aime beaucoup trop planter des fleurs sur ce jeu : j'en ai absolument partout... Comme j'aime beaucoup les tulipes, on m'a demandé plusieurs fois si j'essayais de recréer les Pays-Bas. J'avoue que je ne l'avais pas envisagé ainsi, mais la question se pose...

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