S'il y a une chose que les Pays-Bas m'ont permis d'expérimenter : c'est la vie en communauté ! Quand on fait ses préparatifs pour son départ en Erasmus, il est souvent recommandé de privilégier une colocation si cela est possible, car cela permet de ne jamais être vraiment seul, même si on ne voit personne (se retrouver isoler est un véritable risque lorsque l'on part à l'étranger). Forte de ces conseils avisés, n'ayant pas du tout envie de passer un an à croupir seule chez moi et désespérée de trouver un logement potable dans un secteur croulant déjà sous les demandes, je me suis empressée de chercher un logement et en ai trouvé un avec un nombre raisonnables de colocataires : quatre. Et après quelques mois, je suis à peu près sûre d'une chose : avoir des colocataires, c'est presque comme avoir des chats. Des chats qui ne ronronnent pas et ne marquent pas leur territoire en urinant sur les affaires (encore que, ça doit arriver si l'on est particulièrement malchanceux), mais presque.
J'allais d'abord écrire pour conclure mon introduction que je ne retrouvais pas de boules de poils, mais c'est totalement faux. Dans la douche, dans l'évier, dans les escaliers : entre les cheveux et les mecs qui se rasent en faisant sans doutes des mouvements similaires à ceux de Light Yagami, y'a de quoi faire. Heureusement, je ne dois pas nettoyer mon manteau, mais on y est presque !
Car a priori, la brosse à chiottes n'est là que pour décorer : avoir des colocs, c'est aussi nettoyer derrière eux plus que tu ne le voudrais (et c'est chiant, sans mauvais jeu de mot)
Les chats, ça aime avoir de l'attention, mais uniquement quand ça en a envie ou quand ça a faim. Eh bien, avec des colocs, c'est à peu près le même mode de sociabilité : des fois ma coloc toque à ma porte ou décide de m'adopter pour quelques heures, puis le lendemain ce sera les chaises musicales pour pas avoir à se croiser pour le repas du midi. Si le repas mets un peu de temps à arriver (on cuisine chacun notre tour), un coloc apparaîtra mystérieusement à ta porte. Et puis, comme les chats, tu sais parfois qu'ils t'aiment bien quand ils acceptent de venir faire leur vie en ta présence dans les pièces communes. ok
Tu pourras essayer de les tenir responsables pour le panier à linge oublié trois semaines dans une chambre ou le truc nécessaire pas racheté, c'est comme si leur mémoire oubliait subitement tout ce qui a attrait aux responsabilités
Même avec les colocs les mieux élevés du monde, il y aura toujours un moment où ils squatteront ta bouffe de manière impromptue (parfois par accident). Mais bon, il y aura sûrement un moment où tu squatteras la leur, à la différence des chats (jveux pas vous juger si vous mangez leurs croquettes ou leur pâtée mais si vous n'êtes plus à l'école primaire : est-ce que tout va bien ?)
Cela marche particulièrement bien dans les colocs Erasmus car aucun d'entre vous n'aura les mêmes habitudes (notamment alimentaires, mais cela marche aussi pour le rythme de vie). Du coup, même au milieu d'autres européens, tu passeras quand même pour quelqu'un de bizarre : c'est inévitable, mais on s'y fait très vite. Par exemple, j'ai pu voir le regard effaré de mes colocs lorsque je me suis servie des olives à l'heure de l'apéro - concept qui leur est tout à fait étranger - ou du Pa amb olí. Mais bon, j'ai aussi vu mes colocs mettre des petits pois dans leur sauce bolognaise ou mélanger la salade que j'avais servie en entrée dans cette même sauce donc bon, on peut dire que ça va dans les deux sens...
Honnêtement, vu les horaires de levé et de coucher de mes colocs, je ne pensais pas entendre qui que se soit partir dans d'immenses envolées en jouant en ligne jusqu'à pas d'heure mais apparemment si. Mais bon, heureusement, c'est rare
Ça, tu le sais depuis que tu as entendu tes colocataires parler de récupérer ta chambre, ton téléphone ou ta fringante nintendo switch si jamais tu venais à trépasser. Heureusement, on sait tous qu'ils ne font pas le poids face à toi ! Si mon chat pouvait parler, je suis presque sûre qu'il dirait la même chose, à la différence près que même mon chat semble plus affectueux que ces bestioles ingrates.
Ou que ton plan pour se débarrasser d'eux avant qu'ils ne se débarrassent de toi a fonctionné. À toi la Nintendo Switch !
Achète un arbre à chats à ton chat, et tu peux être sûr qu'il préférera leur carton à l'objet pour lequel tu t'es ruiné. Eh bien de colocs, c'est un peu pareil : tu peux acheter un ustensile de cuisine visant à faciliter la vie de tout le monde, ou une nouvelle sorte de nourriture, et tu peux être sûr que personne ne s'en servira. Parfois, je me demande comment mon autre coloc ne s'est pas résigné (un homme brave ou têtu, je l'ignore encore).
Parfois, tu te surprends à te demander quand est-ce qu'ils rentrent de soirée ou de week-end - ou aussi, tu ne sais pas trop s'ils sont là ou pas. Finalement, peut-être que tu les aime un peu malgré tout..