
Bonjour à tous !
Nous nous retrouvons aujourd'hui pour un article publié dans le cadre du projet Eklabugs, une initiative qui regroupe tous les mois des blogueurs autour d'un thème précédemment voté. Cette fois-ci, le vote était un peu spécial : nous devions choisir un jeu de cartes divinatoires au hasard, et composé sur la carte tiré par celui qui aurait le plus de voix. L'oracle bleu a remporté la partie - le seul que je ne connaissais pas, nous invitant donc à composer sur le progrès et l'avancement positif. Un thème pour le moins déroutant pour moi, qui ai tendance à regarder le passé et me morfondre.
Je ne parlerai pas du progrès en tant que société ou autres, car je ne suis pas sûre d'avoir envie de rentrer das des méditations à la Psycho-Pass ou Black Mirror ici - non pas qu'elles ne m'intéressent pas. J'aimerais parler de l'avancement positif en tant que personne : comment savoir que l'on évolue ? Que l'on devient une meilleure personne ? Il me semble que les jeux divinatoires incitent plutôt à cette introspection, et ce, même quand ils "prédisent" l'avenir. Finalement, ils sont un peu une invitation au voyage.
"Les riches plafonds, les miroirs profonds, tout y parlerait à l'âme en secret sa douce langue natale"
Charles Baudelaire, "L'invitation au voyage", in Les Fleurs du mal, 1857
Ces considérations sur les jeux divinatoires mises à part - après tout, le thème de cet article est le progrès, pas le tarot - je pense qu'il peut parfois être bon de se rappeler que nous progressons tous. Cela vaut d'autant plus lorsque l'on est dans un milieu scolaire, ou que l'on a une mauvaise estime de soi (voire les deux). Parfois, il faut se rappeler que si l'on a toujours les mêmes notes depuis la première, ou si nos résultats baissent un peu, les exigences ont aussi augmentées et qu'il faut se les réapproprier pour pouvoir progresser. Bref. A quelques semaines de la rentrée, je pense qu'il est parfois bon de se rappeler qu'il ne faut pas mesurer son progrès par rapport aux autres mais à soi-même : c'est quelque-chose que l'on a tendance à parfois oublier. Et c'est particulièrement aujourd'hui avec les réseaux sociaux qui nous projettent au visage toute la journée combien les autres font mieux que nous.
J'avais originellement écrit un article très long, où je racontais beaucoup ma vie pour faire dans la banalité. Je pense que cet article sera moins bien que celui que j'avais déjà fait, mais c'était celui que j'avais envie de faire.
J'oublie combien certaines choses comme Eklablog, Osu! ou Twitter m'ont permis d'aller de l'avant. J'y ai rencontré et j'ai passé des moments avec des personnes formidables, dont certaines sont aujourd'hui mes ami-e-s dans la vraie vie et chez qui j'ai pu passer de très bonnes vacances à Toulouse. D'autres mon permis, pendant de longues soirées de shitpost, de passer de bonnes soirées quand je ne voyais quasiment personne aux Pays-Bas. Le pays me manque beaucoup, mais tout n'était pas rose : pendant mon séjour, j'étais pendant quelques mois assez isolée et je n'avais personne avec qui sortir ou me divertir. C'est finalement grâce à Misa et les soirées Osu, puis Twitter, que j'ai pu tenir le coup.Certains peuvent dire "j'ai rencontré certains de mes amis au primaire/collège et je suis toujours en contact avec eux" à 20 ans. Ce n'est pas mon cas - pas avec mes amitiés irl en tous cas... Mes amis d'internet, c'est autre chose. Il y en a que je connais depuis tellement longtemps que finalement, ce sont mes amitiés de plus longue date - j'ai commencé à trainer sur les blogs et les forums dès le cm2, alors vous imaginez... Merci d'avoir éclairé mes journées, mes nuits, d'avoir été aussi cringe que moi. À vous, merci de m'avoir aidé à être, je l'espère, une personne un peu meilleure que celle que j'étais.
Au début, je pensais que le progrès, c'était d'arrêter d'aimer certaines choses et de commencer à s'intéresser à des choses sérieuses. Finalement, je pense que c'est plutôt faire de manière sérieuse les choses que l'on aime. D'arrêter de dénigrer les choses "nulles" au profit de choses qu'il est plus acceptable d'aimer mais plutôt de reconnaître qu'elles nous ont toutes aidées à avancer, de manière différente, quand nous en avions besoin.
On dit souvent que les mauvaises choses arrivent quand on s'y attend le moins. Je pense que l'on peut en dire de même pour les bonnes choses. Je suis allée aux Pays-Bas sans motif vraiment valable pour le choix du pays : quand on me demandait pourquoi j'avais choisi cette destination, je n'avais rien à répondre, car rien n'avait motivé ce choix, bien que je me sois renseignée sur le pays après. J'étais nulle en anglais avant d'intégrer la section européenne sur une crise de jalousie - certes, ce n'est pas reluisant, mais je tiens à remercier ma détestable moi du passé de m'avoir assuré sans le savoir un avenir de cette façon (c'est un peu grâce à elle si j'ai eu 18 au bac). J'ai commencé le coréen juste parce que le manuel que ma mère avait acheté puis jamais ouvert se trouvait dans une pile de livres qui avait pris l'eau, ce qui m'avait alors donné l'occasion de le feuilleter. Finalement, je l'ai emprunté et j'ai commencé à faire la première saison d'exercices alors que je ne connaissais rien de la culture coréenne. Quand je me suis inscrite au cours de coréen, on m'a beaucoup demandé, car c'est de coutume lorsque l'on commence ce genre d'activités, pourquoi j'apprenais le coréen, et tandis que tout le monde parlait de son amour pour le cinéma ou la musique coréenne, je me suis retrouvée à parler de jolies lettres de manuels mouillés (ça a le mérite de faire sourire).
Ce que j'essaie de vous faire ici, ce n'est pas un éloge de la médiocrité (peut-être suis-je un peu médiocre, mais là n'est pas la question). Cela est sans doute un peu convenu, mais faire des progrès, ce n'est pas forcément devenir objectivement "bon" en quelque-chose, ça peut aussi être découvrir ce que sont les choses et les personnes qui nous font du bien - et pour ça, rien de mieux que le feeling. Peut-être que je ne vais nulle part, mais si c'est le cas, je suis contente d'avoir découvert quelques petites choses agréables sur le chemin.
Peut-être qu'un jour, je ferais des progrès en manière de conclusion d'articles, ou je ferais un article d'Eklabugs qui soit centré sur le sujet où je n'étalerai pas ma vie - mais ça, ce sera pour une autre étape de mon développement personnel. On arrête pas le progrès, comme on dit.
Et sinon, tu peux aussi aller voir du côté des autres participants :
Nyeh - Eklabugs #49 - L'oracle bleu
Eyael - Projet Eklabugs : Pyramid Song
Pipiou - Eklablugs 49 - Progrès divinatoires↗
Ryuu-chan - Eklabugs - Une avancée ?
Mimicat : Eklabugs #49 :Progrès, nécessairement positif ?
(Mes autres participations au projet :
Session sur le thème de la nuit - À la faveur de la nuit
Sur la lumière : Petit éloge du Gouda, le soleil de ma vie)